Cantoperlic : Anita et Anthony gagnent en notoriété



GAILLAC

Cantoperlic : Anita et Anthony gagnent en notoriété

Leur installation sur le petit domaine de Cantoperlic n’a pas été facile mais le couple anglo-américain a du savoir-faire et diffuse ses cuvées.

Le texte a largement circulé du Facebook : une juxtaposition de lucidité sur les difficultés de l’heure propres à la majorité des vignerons et d’expérience personnelle, tout aussi difficile. « Nous n’avons pas hérité d’un domaine. Nous ne venons pas de familles aisées. Nous avons économisé pendant presque sept ans pour pouvoir faire un apport de 50 %. »

Anita Chapman est originaire de Portland (Oregon) et la passion du vin chevillée depuis l’adolescence. Une belle carrière dans une multinationale de la santé en Europe ne l’a pas éteinte. Elle a même réussi à convaincre son compagnon britannique Anthony Nealon de l’accompagner dans l’aventure. Le biochimiste a repris le chemin de l’université pour étudier le vin et en 2021, ils ont fait le grand saut en achetant Cantoperlic, un petit domaine de 8 hectares qui surplombe la plaine gaillacoise.

« Je me souviens de 2021, debout dans les vignes, à payer toutes les factures sans être encore propriétaire d’un seul rang. Parfois, ça me réveille la nuit », confie Anthony.

Anita a traversé toutes les galères. En 2022, la majorité du matériel est tombée en panne (tracteur, broyeur, cuve inox). Ils n’ont vendu leurs premières cuvées qu’en 2023. Autrement dit, ils ont vécu deux ans de dépenses sans un euro de revenus. Mais le couple est résilient et a su faire le dos rond.

Dans la vigne, ils pratiquent une agriculture régénératrice du sol qu’ils ne retournent pas.

Entre résilience et espoir

« On met du couvert végétal, on en mettra même sur le rang pour se passer du tracteur et de l’intercep. » Ils gardent les écorces de châtaigniers, les tiges de serpolet qui préservent l’humidité sans perturber le pH. Sur 8 hectares, ils cultivent 10 cépages et additionnent les microvinifications. Chaque cépage fermente séparément.

« En ce moment, nous avons seize vins différents, certains en cuve inox, d’autres dans diverses barriques pour ajouter de la complexité. On fait le boulot. »

Anthony à la vigne et la cave, Anita dans la gestion, le marketing et les salons. Elle prépare celle d’Annecy et en fait une vingtaine chaque année. 70 % des 20 000 bouteilles partent directement de la cave et sur les salons, le reste dans le milieu local : restaurateurs, cavistes, commerces divers.

« On n’a pas les volumes pour exporter. »

Anita Chapman a su créer des liens avec les sommeliers : Ars Larsson, meilleur sommelier du monde, a nommé six vins de Cantoperlic. L’étiquette gagne en notoriété, les vignes se portent mieux, mais Anita le concède : « chaque mois reste une bataille ». Elle ne déroge pas au triptyque du projet : bio, vente directe et localement.

Sur le belvédère de Cantoperlic, les braucols ont bien mûri au soleil d’automne. Ils resteront le fleuron de la gamme. Tout en bas, on devine l’école de Saint-Cécile d’Avès, celle des deux petits (les aînés volent de leurs propres ailes). Anita et Anthony n’ont pas de regrets.

« On ne reviendra pas en arrière, on avance autrement. Les petits producteurs peuvent montrer le chemin vers un modèle plus équilibré, plus juste et plus humain pour l’avenir du vin. »

Article initialement publié dans La Dépêche du Midi le 8 novembre 2025.
Reproduction autorisée par
La Dépêche du Midi.

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